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Pavillon rose sur la CUB PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 18 Juin 2012 00:20

C’est un petit séisme local dans le cadre du tsunami rose qu’a connu le sud-ouest hier soir. La première circonscription de la Gironde, fief de droite depuis 133 ans et dernier bastion de l’UMP sur l’agglomération, a basculé à gauche.

La sortante Chantal Bourragué n’a pas réussi à contenir sur son nom la vague rose qui a déferlé sur le territoire national.

Doucet dans le grand bain
Après 133 ans dans le giron de la droite, ce territoire hétérogène (qui associe Bacalan, le Bouscat, Bordeaux Nord-Chartrons et Caudéran) a plébiscité la socialiste Sandrine Doucet. Celle-ci analysait hier soir sa victoire comme le résultat d’un «changement sociologique des personnes qui n’ont pas trouvé, sur le plan local et national, dans la politique de la droite des réponses à leurs inquiétudes quotidiennes. Mais il y a aussi le travail des élus de terrain et des militants pendant la campagne». Bien connue des militants car impliquée de longue date dans la vie du PS dans ce secteur, elle est pourtant un nouveau visage pour la plupart des électeurs. Enseignante de 53 ans, née à Talence, Sandrine Doucet a adhéré au PS en 2004, après s’être investie pendant une vingtaine d’années dans le milieu associatif et syndical. Une candidature sur les listes socialistes au conseil municipal en 2008, et le poste de conseillère générale suppléante dans le 1er canton la même année sont ses seules expériences en tant qu’élue. Elle plonge donc tout d’un coup dans le grand bain. Elle sera accompagnée par Marie Récalde, la jeune élue de Mérignac qui a réussi sans trébucher à saisir le témoin tendu par Michel Sainte-Marie. A leur côté, les plus expérimentées Conchita Lacuey et Pascale Got retrouveront leur siège dans l’hémicycle.

Feltesse en orbite
Le duo Delaunay-Feltesse est l’autre grand gagnant de la soirée. Michèle Delaunay a largement accru son score par rapport à 2007 et va pouvoir sereinement conserver son poste de ministre. Tant qu’elle sera au gouvernement, c’est Vincent Feltesse qui occupera son siège à l’assemblée. Le président de la CUB franchit lui aussi une étape importante dans son parcours politique en pénétrant dans le jeu politique national. En même temps, il réussit son parachutage de proximité sur Bordeaux. Il a d’ailleurs confirmé hier soir qu’il enverrait dans les prochains jours une lettre de démission de son mandat de maire de Blanquefort. De quoi donc alimenter toutes les spéculations sur ses ambitions pour Bordeaux en 2014. Même s’il tenait hier soir à nuancer : « Il ne faut pas confondre les choses et d’ailleurs les électeurs ne confondent pas. Ils ont élus d’abord François Hollande puis lui ont donné une majorité cohérente. Ils ont élu Michèle Delaunay et moi-même autour d’un programme et d’un projet. Si dans les mois qui viennent on les déçoit, alors il n’y aura pas de possibilité de penser à la suite.»

La droite en chantier
La suite, la droite y pense déjà et mesure certainement l’ampleur du travail de reconstruction à mener dans son camp. Hier soir, Alain Juppé faisait mine de se consoler en lisant le score de son jeune poulain Nicolas Florian, qu’il considère comme «une bonne base pour poursuivre son implantation à Bordeaux». Florian annonçait d’ailleurs dans la foulée qu’il se remettrait en campagne «dès le 18 juin au matin» dans l’optique de l’emporter en 2017. Certes, mais entre temps il y aura 2014. Et c’est bien cette échéance-là que tout le monde a en tête ce matin.•
S. Lemaire (avec N. Bochereau)

 
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