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Benoît Trémoulinas s’avance dans la salle de conférence l’air gêné. Le malaise est perceptible sur le visage du Lormontais de 26 ans. Les quelques sourires entrevus lors d’un petit jeu de toro, lors de la séance matinale sur le terrain du Haillan, ont été méthodiquement rangés dans le fond d’une poche pour évoquer, devant la presse, l’affaire* survenue au volant de son véhicule dans la nuit de mardi à mercredi dans la capitale girondine.
En un peu moins de trois minutes hier midi, le latéral gauche girondin, sans donner de nouveaux détails sur les faits incriminés, a réédité son mea culpa, ne cherchant pas pour autant de portes dérobées. «J’ai fait une énorme connerie (sic), je pense que tout le monde est d’accord sur ça... C’est inexcusable ce que j’ai fait... C’est vraiment inacceptable et j’en suis vraiment désolé». La voix posée, Benoît Trémoulinas a tenu tout d’abord à s’excuser «auprès du club, auprès des supporters surtout et auprès de ma famille, auprès du staff, des joueurs... et tout le monde bien sûr».
«On se sent vraiment très con» 24 heures après sa sortie de garde à vue, le joueur, exprimant sa «honte», est revenu sur cette journée du mercredi. «ça a été quelque chose de difficile à vivre, surtout hier midi quand je suis rentré (...) Il s’est passé beaucoup de choses dans ma tête (...) On se rend vraiment compte de la connerie qu’on a faite, on se sent vraiment très con». Et, paradoxalement, chanceux aussi : «Je remercie le ciel qu’il n’y ait pas eu de blessés durant tout ça». Dès le mercredi matin, le président Jean-Louis Triaud était monté au créneau pour dénoncer une «faute professionnelle». Interrogé sur le sujet hier, l’entraîneur bordelais, Francis Gillot, estimait pour sa part que «ce n’est jamais bien pour un club d’avoir ce genre d’histoires». Et pour son joueur également : «C’est dommage pour Benoît qui montre une mauvaise image». Mais la faute avouée publiquement, et devant le groupe, semble à demi-pardonnée. «Il a fait une bêtise, il le sait. Maintenant il faut clôturer le dossier». Si la sanction financière semble se dessiner, celle, sportive, est en réflexion : «Je vais en parler avec Jaro (Plasil), le capitaine, et avec mon staff. On prendra une décision demain (aujourd’hui, ndlr)». Décision ô combien épineuse : comment sanctionner un joueur, performant par ailleurs, sans se tirer une balle, sportive, dans le pied ?
Gillot et le "système" Car côté terrain, les Girondins n’ont plus de temps à perdre. Après leur défaite face à Nice à domicile, Bordeaux devra récupérer le fil des derniers mois s’il veut éviter de finir cette saison de Ligue 1 en chasse patate. «On doit reprendre les points perdus contre Nice. ça passe par Brest qui est un club qui a battu Marseille il y a 15 jours ; on s’attend donc à une chaude réception», glisse Francis Gillot. «Il faut repartir dans notre tableau de marche, avec un petit point à l’extérieur, voire mieux», résume le gardien Cédric Carasso. Avec Henrique (suspendu) comme seul absent, plus l’interrogation Trémoulinas (lire ci-contre), Francis Gillot devrait reconduire son fameux système avec 5 défenseurs. «Ce n’est pas une histoire de système, coupe Francis Gillot, je l’ai déjà répété 50 fois. Face à Nice, ce sont des principes de jeu qui n’ont pas été respectés». Selon lui, l’organisation n’a rien à voir : «Aujourd’hui, avec ce système que vous dénoncez partout, on est quand même 3e meilleure équipe sur la phase retour». Et de conclure : «C’est sûr qu’il y a encore des choses à rectifier mais ça serait trop facile de gagner tous les matches parce qu’on change de système». • Nicolas Bochereau * Le joueur a été placé en garde à vue pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique, refus d’obtempérer et dégradations volontaires de bien.
Brest/Bordeaux, demain à 19h
Photo AFP
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