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De la voyance au grand jour, avec pignon sur rue. Une agence s’est installée depuis un mois sur le cours de Verdun et accueille derrière sa grande vitrine les amateurs de prédictions, rompant avec la tradition du mystère pour promettre la transparence.
Vade retro mages, marabouts et autres grigris bénis ! Finies les consultations en catimini dans des appartements sombres. Daniel Colombo, le directeur du cabinet «Ici Voyance» a d’ailleurs plus le look d’un homme d’affaires que celui du mage Merlin : « On a fait exprès ! Nous, nous n’avons rien à cacher. C’est une activité de bien-être, au même titre que le coaching ou le massage. » Chacun se fera son opinion. En tout cas, sa société a développé un concept qui permet de consulter un voyant en face à face dans un espace ouvert à tous (mais sans être visible de la rue, cela dit). Au choix, 6 voyants qui utilisent les tarots, les cartes, les runes, la voix et même la boule de cristal sur les inévitables sujets de l’amour, des finances et du travail. L’activité de l’entreprise ne s’arrête pas là : elle emploie 25 voyants salariés (2500 € par mois pour 35h, nous dit-on). Seul 2 voyants ont souhaité garder leur activité en indépendant, ce qui est plutôt la règle dans la profession. La plupart travaille à domicile par téléphone avec des tarifs allant de 25€ pour 10 minutes de conversation à 85€ pour 40. Dans le cabinet, la séance coûte 65€.
«Satisfait ou remboursé» ? Cette démarche et ces forfaits permettraient de rassurer une clientèle échaudée par les consultations sur numéros surtaxés. D’ailleurs, l’agence affirme rembourser ceux qui ne sont pas satisfaits sur la première consultation ! Elle joue la carte de la transparence des tarifs sans nier le caractère évidement commercial de cette activité peu commune. Une approche moderne et «décomplexée» qui n’est pas sans rappeler, dans un autre genre, l’évolution des «sex-shops» en «love stores». Bernadette Aubin, célèbre voyante bordelaise qu’on classera dans la catégorie des «traditionnelles», leur souhaite bonne chance mais demeure plus sceptique sur le modèle économique : «La voyance a beaucoup diminué, la clientèle a changé. Mais pourquoi pas ? Tout dépendra des finances. » Ici Voyance compte sur le volume : « Nous avons pour clients principalement des femmes entre 35 et 55 ans. Mais pour ceux qui viennent à l’espace, c’est du 50-50. » Pour ceux que ces pratiques séduisent, le concept a en effet quelque chose de rassurant avec l’absence de folklore magique et/ou religieux. Seul l’avenir devrait dire si cet espace que Daniel Colombo souhaite développer à Toulouse et Nantes est viable. Mais on suppose qu’il a interrogé les runes. • Jean-Yves Saint-Céran
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